Cathédrale capitale

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    Cathédrale capitale
    Paroles d'Albigeois
    Coup de cœur
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Je suis Albigeois de naissance. Après quelques années comme Officier dans l'Armée de Terre, je reprends des études de Lettres et deviens professeur de français. Le goût des voyages et de l'inconnu m'amène à enseigner en Afrique, en outremer, et surtout à Mayotte – où je vis depuis seize ans, sans jamais, pourtant, oublier ma ville natale. L'écriture et la photographie demeurent, pour moi, des activités essentielles. Je travaille actuellement sur un recueil de poèmes dans lequel se mêleront mes expériences africaines et mon passé tarnais, plus précisément albigeois. A cette occasion, j'ai écrit ces lignes sur la cathédrale.

I

Dans cette ville rouge où poussent des statues
Un fier vaisseau dressé impose sa puissance
Et seul maître du lieu dans l’horizon qui danse
Comme un géant jeté qui écrase les rues

Il n’ose pas bouger dans sa magnificence
Une gargouille tend son long cou sur la ville
On dirait un corail géant et immobile
Un canon dépassant d’un dalot qui s’avance

Ce sphinx paraît couché au milieu de la plaine
Comme s’il reprenait un peu de son haleine
Après avoir lutté des siècles pour sa foi

Mais de son ventre creux d’où l’orgue monte et chante
Entendez ! on perçoit les sons de quelques voix
Alliés du bâtiment aux pierres si puissantes.

II

Ainsi à la férocité du grand géant de pierre
Dont chaque abside tend la beauté des peintures
S’allie la douce joie des chants et des prières
Comme dans un vaisseau de l’ancre à la mature

Montent les désespoirs et les espoirs des hommes
Ainsi fier sombre hautain de son architecture
Ce monstre vermillon adoucit comme un baume
Les plus profondes plaies qu’il accueille et rassure.

III

On longe des palais où des seigneurs anciens
Devaient parfois tenir leurs paroles secrètes
Et sous les boiseries où tintent leurs assiettes
On entend déborder les rires et le vin

En contrebas descend la rivière aux eaux vertes
Tordue comme un ruban par le vent des collines
On dirait le trajet qu’un vieux serpent dessine
Parmi les tournesols de la campagne ouverte.

IV

La cathédrale capitale s’est endormie et réveillée des siècles durant. Tour à tour immobile et dressée, élevée et oubliée dans la rumeur des batailles qui n’eurent pas lieu. Oasis d’obscurité fière, d’où les enluminures prélevées au passé appellent au présent. Le temps n’est pas passé, qui pourtant ne s’arrête jamais de courir. La pierre est un sceau séculier. Un jeu d’empilements d’espoir. Il se trouve qu’elle atteste la vie dans sa minéralité insondable. Elle demeure où tel n’a pas demeuré, cimetière de la poussière. Et la cathédrale s’élève et demeure, demeure de foi, demeure parfois, demeure toujours. Rien ne passe en ce lieu qui subsiste avec des airs d’indifférent.

Christophe Bonnet

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